vendredi 18 juillet 2008

You got to pump it up...

Le 11 juin dernier, j'écrivais ceci :

Le prix plancher sur l'essence a vu le jour afin de protéger d'une concurrence estimée déloyale les stations-services indépendantes des grandes bannières de l'essence qui se livraient alors une guerre de bas prix. Les "indépendants" portent mal leur noms puisqu’ils sont en réalité très dépendants des pétrolières. En effet, à peu près toutes les stations-service qui n'appartiennent pas aux gros noms de l’industries s’alimentent à leurs raffineries. Pas de raffinerie, pas de pétrole! Ce que faisaient les pétrolières dans le temps de la guerre des prix, c'est qu'ils détaillaient leur essence en dessous du coût de production, alors que les indépendants, pour survivre, devaient rester au-dessus de leur coût d'achat. Le prix plancher devenait alors un outil pour garder les prix toujours au-dessus du coût de production. Mais, les indépendants font tout pour utiliser ce prix plancher pour éviter la compétition des grosses compagnies pétrolières qui elles peuvent réduire les prix à cause des économies d’échelle gigantesque auxquelles elles ont accès par la taille du marché auxquelles elles ont accès. Maintenant, dans le contexte où les consommateurs recherchent activement les stations-services où l’essence côute le moins cher, certains détaillants indépendants ne veulent pas qu’on élimine (ou réduise le prix plancher) alors que les pétrolières pourraient vraisemblablement offrir l’essence à moindre prix. Cette distorsion des prix avantage les détaillants indépendants non pas aux dépens des pétrolieres, mais des consommateurs qui pourraient avoir accès à des prix plus bas.
J'ai été prouvé à raison aujourd'hui par Les Affaires :
À Saint-Jérôme comme ailleurs au Québec, les prix de l'essence n'ont jamais été aussi élevés. Mais ils sont trop bas, selon la Régie de l'énergie, qui vient d'imposer l'ajout de 3 cents par litre au coût d'approvisionnement de tous les détaillants de la région. Cette décision est prise dans l'intérêt des consommateurs, assure la Régie, qui donne une fois de plus raison aux détaillants indépendants qui se plaignaient que Costco vend de l'essence à perte, obligeant ainsi les autres détaillants à réduire leur marge de profit à néant. Après avoir convoqué les parties en audience, la Régie a constaté que les prix de l'essence avaient effectivement été très bas pendant la période visée par la plainte déposée par un indépendant, Intragaz, et l'Association québécoise des indépendants du pétrole. […] C'est la troisième fois depuis 2001 que la Régie se rend aux arguments des détaillants indépendants qui se plaignent des prix trop bas pratiqués par Costco à Saint-Jérôme.
Merci à Mr.Renaud via le blogue du Québécois libre

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Protectionnism is back...

J'en parlais il y a plusieurs mois ; la libre-échange étend les périodes de prosperité et diminue le temps des contractions économique. Rien d'innovateur dans cela, sauf The Economist qui dévoile des chiffres qui démontrent que l'élan des réformes en matiére de commerce international libre (Doha Round, Trade facilitation) a été brisé et qui confirme ma crainte que pour les quelques années à venir, les tenants du libre-échange ne tenteront pas d'intensifier la libéralisation des échanges. Ils tenteront de protéger les acquis...

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L'offre et la demande ...

Je sais que plusieurs aiment blâmer les spéculateurs en partant sur des grandes théories du complot (comme David Chrétien qui ne m'a toujours pas expliqué, avec ses grandes connaissances en finance, pourquoi les spéculateurs sont méchants). Néanmoins, j'affirme depuis le début que la crise est fondamentalement un probléme d'offre et de demande(ajout : malgré la part joué par les spéculateurs). La Chine et l'Inde demande de plus en plus d'énergie, les États-Unis n'ont pas construit une nouvelle raffinerie depuis 1976 tout en ayant un moratoire sur les puits en haute mer et les nouveaux investissements sont petits et trés start up capital-intensive(désolé pour l'anglais).

Cependant, le Von Mises Institute met le doigt sur le vrai problème qui est négligé dans les médias. Exxon Mobil détient pas des grandes réserves pétroles faciles d'accès, ce sont les entreprises nationales qui sont assises sur les plus grandes réserves de pétrole mal utilisées. Un exemple (un graphique en fait) trés illustrateur provient de WTRG Economics qui se spécialise en économie de l'énergie. Depuis 2002, le prix du baril du pétrole a augmenté doucement puis plus rapidement. Toutefois, pendant la même période le Vénézuela qui a nationalisé cette ressource, la production n'a pas augmenté. Au contraire, elle a même diminué légerement (à l'exception de l'anomalie de 2002 qui était une crise politique).Alors quel est le vrai probléme? Les spéculateur ou les forces du marché qui sont restreintes. Comme disait l'économiste Arnold Harbinger: market forces are forces, you can ignore them at your own peril, they will work anyways.

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Les environnementalistes et le DDT

Pendant longtemps, l'Inde a été affligé d'un grave probleme de malaria. En 1869, une épidemie de malaria éclate dans la province de Punjab et cause 116, 540 morts. En 1908, plusieurs provinces incluant Punjab et la populeuse Delhi souffrent d'une épidémie de malaria qui cause la mort de 307 316 Indiens. Les Britanniques eux-même avaient un probléme sérieux avec la malaria dans leur colonie puisque 30% des admissions de soldats dans les hôpitaux étaient à cause de la malaria. Les dégâts causés sont inestimables. Néanmoins, en 1953 l'Inde lance un programme de contrôle de la malaria avec un usage intensif du DDT (un pesticide). Malgré que l'usage du DDT avait déjà commencé au cours des annés 1940, le programme a réussi dans sa mission d'éradiquer (pour un moment)les cas positifs de malaria se chiffraient 50 000 cas en 1961 alors qu'environ 75 millions de cas positifs étaient repertoriés en 1953. Avant l'utilisation du DDT, le district de Kannara dans le sud-ouest de l'Inde avait en moyenne 50 000 cas par année, ce qui a été réduit par 97%. Mais le retour de la malaria est dramatique puisqu'en quelques années seulement, on passe de quelques dizaines de milliers à plusieurs millions(voir graphique 1).


Néanmoins, avec le temps les moustiques se sont adaptés à un certain degré, ce qui a suscité un certain retour de la maladie. Le programme était aussi criblé de failles administratives et pratiques que le USAID avait noté lors d'une visite en Inde. La pauvreté et la mobilité des gens (avec qui se déplace la maladie) a eu un effet, mais la croisade environnementaliste contre le DDT a eu aussi un impact. En 1962, Rachel Carson exprime dans son livre Silent Springs que l'utilisation du DDT a des effets environnementaux négatifs notamment par la réduction du calcium présent dans la coquille des oeufs des aigles à têtes blanches. Elle affirme aussi (ce qui est toujours disputé) que le DDT cause clairement le cancer alors que le Surgeon General of the United States dit qu'il cause probablement le cancer et que plusieurs études médicales disputent encore. Cependant, une interdiction sur le DDT passe aux États-Unis et plusieurs autres pays suivent, ce qui ne satisfait pas assez les environnementalistes. Aux dires de Charles Wurster, l'officier scientifique en chef du Environmental Defence Fund, une organisation qui avait pour seul but d'éliminer le DDT, si "les environnementalistes gagnent sur le DDT, ils accompliront un niveau d'autorité qu'ils n'auront jamais eus avant". Il ajoute que " en un sens, beaucoup plus est en jeu que le DDT".

Soit, on peut admettre que la part de l'interdiction du DDT dans l'équation pour l'Inde n'est pas la variable la plus important. On peut tout de même se demander pourquoi les groupes environnementalistes ont continués de pousser systématiquement pour une interdiction compléte du DDT. Lors de la Stockholm Convention on Persistent Organic Pollutants - une conférence pour contrôler une poignée de douze produits chimiques - le World Wildlife Fund (maintenant le WorldWide Fund for Nature) a milité pour l'interdiction complète du DDT sans conditions. Le DDT qui demeurait toujours l'insecticide le plus efficace pour tuer les moustiques a finalement été permis seulement sur demande et pour le contrôle de la malaria. Heureusement, la convention de Stockholm n'a pas été ratifié.

Récemment, l'OMS est sortie avec une étude qui affirme - que contrairement aux affirmations des groupes environnementalistes - l'utilisation du DDT à l'intérieur des habitants est sans danger pour la santé. Presque 3 millions d'individus meurent chaque année de paludisme (malaria). Des quantités infimes de DDT utilisés sur les murs de maisons pourraient réduire dramatiquement les cas positifs de malaria. Des millions de vies auraient être sauvées si seulement les environnementalistes se seraient livrés à l'exercice le plus élémentaire d'analyse coûts-bénéfices.

Alors ma question aux environnementalistes est la suivante : pourquoi cherchez-vous à faire peur à tout le monde? La peur que vous installez dans la population ne contribue t'elle pas à créer à faire des politiques publiques dans la précipitation sans porter attention aux conséquences? Ce que vous avez fait avec le DDT, c'est-à-dire refuser de réflechir, vous le faites maintenant avec les OGM, les biotechnologies...

Note : Le graphique illustré est ma propriété et les données proviennent de Malaria & Climate Change, Working Papers Series, Julian Simon Centre for Policy Research par Richard Tren.

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jeudi 17 juillet 2008

Le prix Milton Friedman

J'ai eu le privilège de rencontre Yon Goicoechea lors d'un évenement au Cato Institute pendant mon séjour de quatre mois aux États-Unis. Un homme intéressant et passionné qui vient de gagner le Prix Milton Friedman for Advancing Liberty de $500,000. Allez comprendre pourquoi!

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Gargarise toi pas trop...

Tous aiment critiquer les États-Unis pour leur système, il a effectivement ses torts. Mais il est possible d'argumenter que le système américain souffre d'un manque de ... capitalisme, eh oui de capitalisme! Je ne cherche pas à dire qu'il faut éliminer l'état des soins de santé, mais il faut comprendre que l'épouvantail américain n'est pas si épouvantable qu'on essaie de nous le faire croire. Un exemple de cela vient de m'être fourni par le magazine scientifique britannique The New Scientist (une excellente lecture). Les États-Unis, qu'on aime tant dénigrer, sont toujours dans le top trois international des taux de survie des différents cancers.

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mercredi 16 juillet 2008

La nature de la richesse (et non pas la richesse de nature)

Plusieurs intellectuels qui s'improvisent économistes ont souvent tendance à attribuer la richesse des nations à des dotations naturelles, c'est-à-dire des ressources naturelles. En somme, ils font un lien entre la prosperité d'une société et la présence de ressources naturelles. Par exemple, si l'Alberta performe fortement sur le plan économique c'est grâce aux ressources naturelles. Les États-Unis se seraient enrichis grâce aux ressources naturelles, notamment le charbon au 19ème siècle, disponible sur son territoire. En soit, l'argument n'est pas faux mais il n'est pas vrai dans l'insuffisance explanatoire dont il souffre. Si on voulait ridiculiser cette position, nous n'aurions qu'à regarder la Russie qui est doté de pétrole en quantité phénoménale mais qui pourtant souffre de problèmes économiques sérieux (dont l'inflation). Mais pour comprendre pourquoi l'affirmation n'est pas juste, il faut comprendre qu'on peut aisément inverser (sans même le constater) la nature de la richesse et la richesse de la nature. Les deux n'étant pas nécessairement lié lorsqu'on cherche à comprendre ou susciter le développement économique.

La richesse de la nature repose sur l'idée qu'il existe des ressources naturelles qui ont une valeur potentielle. La nature de la richesse n'est rien de plus ... que l'être humain et l'ultime ressource dont il dispose ; son ingéniosité. La richesse de la nature repose sur un absolu, l'être humain et sa capacité à générer de la valeur par la force de son ingéniosité.

Le pétrole n'est qu'une substance gluante, puante et lourde jusqu'à ce qu'un individu réussise à trouver une manière de le raffiner et de s'en servir comme source d'énergie. Au même titre, un bout de bois et une roche n'avaient aucune valeur pour l'homme primitif jusqu'à ce qu'il combine les deux ensemble pour créer une lance qui servira à la chasse. L'acier, le verre et le ciment n'ont aucune valeur jusqu'à ce qu'un architecte les utilise pour créer un immeuble. L'uranium n'est que de l'uranium jusqu'à ce qu'on trouve une manière de décupler l'énergie contenue à l'intérieur d'un atome pour électrifier les maisons. Ces ressources étaient même souvent connues de l'homme bien avant qu'une utilisation répandue s'amorce. En 1860, le pétrole avait comme principal compétiteur l'huile de baleine puisqu'on ne savait que se servir du pétrole comme source de lumination. Pour résumer la chose, des millions de gens ont probablement vus une pomme tomber sans faire le lien entre la gravité et la chute de la pomme avant Newton . C'est Newton qui a trouvé une valeur dans la chute de la pomme par l'utilisation de son cerveau comme force productive.

La création de richesse passe d'abord avec tout par la force productive essentielle de l'espèce humaine, son cerveau. Une société détruite dans son capital physique mais qui conserve son capital humain saura rapidement se reconstruire comme le mentionne l'économiste Thomas Sowell en pointant vers la reconstruction d'après guerre en Europe. Ce qui n'a originellement pas de valeur en soit obtient une valeur par les forces productives de l'esprit humain. Il attribue la valeur en fonction de la productivité de ce qu'il a crée. Il attribue aussi la valeur dans un contexte subjectif à ses besoins. Un verre d'eau dans le désert vaudra probablement plus qu'un diamant. Un dixième verre d'eau vaudra probablement moins que le premier que vous aurez consommé lorsque vous sentirez votre vessie éclater.

Si l'argument de la richesse de la nature était vrai, il impliquerait que le Vénézuela et les pays africains riches en pierres précieuses seraient plus riches que Hong Kong. Mais ce n'est pas le cas, les gens de Hong Kong sont parmi les plus riches du monde et sont confinés à un rocher sans grande ressource autre qu'un port. Hong-Kong a développé plein d'industries à valeur ajoutée grâce à la créativité d'entrepreneurs et de travailleurs. La Suisse en est un autre exemple avec son secteur financier et médical. Les États-Unis qui investissent beaucoup en recherche médicale se basent justement sur la capacité humaine de générer de la valeur grâce à l'innovation de l'esprit humain.

Ce qu'il faut chercher à comprendre, c'est que la richesse ne découle pas nécessairement d'un état préconditionné par la nature mais plutôt d'un ensemble d'institutions qui laisse libre court aux êtres humains de trouver milles et uns moyens d'améliorer leur sort par le seul travail de leur cerveau. L'argument n'est pas nouveau, il n'est pas même révolutionnaire. De Adam Smith à Frédéric Bastiat, de Milton Friedman à Paul Romer, de Joseph Schumpeter à Friedrich Hayek et de John Stuart Mill à John Rawls et même Robert Nozick (ironique, surtout que les deux étaient en constant débat sur deux spectres opposées), l'idée a été exprimé sur plusieurs formes. Elle n'a juste tout simplement été écouté.

La chose se résume simplement par la phrase de l'économiste William Easterly qui dit : There is no secret recipe for growth, no golden path to reach it. The secret of growth resides not in «what» but in «who». L'homme qui entreprend de foncer vers l'incertitude est celui qui en utilisant sa capacité d'innover réussit à générer de la richesse puisqu'il utilise son cerveau pour produire.

NOTE : Cet article fait parti d'une longue série d'articles que je poste sur la nature, la forme et les ramifications d'une économie libérale. Vous en avez déjà des morceaux disponibles avec «La Malédiction de l'Innovateur», «De l'absurdité anti-marché», «Schumpeter et la destruction créatrice», «l'inefficacité de l'aide internationale», «la Paix capitaliste», «Pourquoi suis-je préoccupé par la croissance» et «les normes sociales».

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Le commerce (in)équitable

Propriété de Tim Hortons
On dira ce qu'on veut pour bien se sentir, le café équitable n'est pas équitable! C'est un concept qui est basé sur des demi-statistiques cuites et brûlées au four et qui nous est sorti comme le summum du consommateur altruiste. Il contribue à créer, par les primes payées par le consommateur, les crises de surproduction (dont les défenseurs du commerce équitable cherchaient à protéger les pauvres agriculteurs) qui conduisent à une réduction rapide et dramatique des prix qui ont été distortionnés par la pratique. Il contribue à une érosion plus rapide des sols parce qu'il favorise une utilisation massive de labeur humain avec des méthodes archaïque. Il retarde le développement économique en générant des incitatifs qui conduisent à une concentration dans le secteur agricole, qui n'est pas la clé du développement économique. Il n'incite pas à l'investissement en capital ni à la méchanisation à cause de la subvention indirecte qui distortionnent les signaux du marché. Il est plus important de miser sur la productivité et rien d'autre et ce sont les multinationales comme Cadbury qui sont plus efficaces dans cet endroit pour leurs profits et pour le bien des travailleurs (puisque les deux convergent).

Le café équitable vise des pays au milieu de leur développement économique comme le Mexique et non pas des endroits comme l'Éthiopie(contrairement au méchant Starbucks). Finalement, l'origine même de la crise du café qui a mené à une réduction dramatique des prix dans les années 1990 n'était pas une faillite de marché comme les défenseurs du commerce équitable prétendent. C'était une faillite gouvernementale suite à des décennies de mesures protectionnistes, de réglementations qui empêchaient l'accès aux marchés mondiaux et des subventions qui protégeaient des producteurs inefficaces qui ne se consolidaient pas pour obtenir des économies d'échelle (et qui n'avaient pas accès aux économies d'échelle produites par le libre-échange).
Go ahead, sip that unfair coffee of
yours, make it an Irish coffee if you must!

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Vincent Geloso

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